OUEST FRANCE - lundi 11 mars 2013

 

Pourquoi ce projet de loi ?

François Hollande, candidat à la présidence de la République, avait pris plusieurs engagements : « Remettre l’éducation et la jeunesse au cœur de l’action publique ; créer en cinq ans 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation ; accueillir les enfants de moins de trois ans en maternelle… »

Comment a-t-il été élaboré ?

En juillet dernier, Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, lançait une vaste concertation sur cette question. Profs, spécialistes de l’éducation, parents d’élèves, associations… discutaient et faisaient leurs propositions.

En janvier, le ministre présentait sa loi devant le conseil des ministres. Aujourd’hui, elle est arrivée devant les députés. Vote final prévu mardi 19 mars. Elle ira au Sénat, en avril.

Que prévoit-il ?

Il ne bouscule pas l’architecture de l’école : l’école maternelle n’est pas rendue obligatoire ; l’école primaire continue de compter cinq classes (du CP au CM2) ; le collège demeure unique pour tous, comme il l’est depuis 1975 ; le lycée reste partagé en trois filières : lycée général, technologique et professionnel.

Le projet avance trois grands changements :

1) – Il recrée une formation professionnelle initiale et continue pour les enseignants. Les IUFM (Instituts de formation des maîtres) disparaissent. Ils sont remplacés par les Espé (Ecoles supérieures du professorat et de l’enseignement). Différence de taille entre les deux : la formation à la pédagogie est renforcée, chaque étudiant suit une année de stage encadré.

2) – Il crée officiellement 60 000 postes de professeurs, de conseillers principaux d’éducation (CPE) et professeurs documentalistes. Le gouvernement socialiste efface ainsi les trois quarts des suppressions de postes effectuées sous le mandat de Nicolas Sarkozy.

3) – Il met en priorité ses moyens sur l’école primaire pour lutter contre l’échec scolaire dès les premières années d’enseignement. La réforme la plus connue (qui se décide par décret et non pas directement par la loi) est le retour à la semaine de quatre jours et demi de classe pour diminuer le temps d’enseignement quotidien et mieux respecter les rythmes des enfants.

Mais il en est une autre au moins aussi importante : la création de postes d’enseignants de plus que le nombre de classes. Exemples : six profs pour cinq classes. L’objectif est de pouvoir agir très vite face aux difficultés d’un élève.

Enfin, les profs de CM2 et de 6e devront travailler davantage ensemble pour favoriser le passage de l’école au collège. En fin de collège, le ministre veut diminuer par deux le nombre de jeunes sans formation ou sans autre diplôme que le brevet des collèges. Le projet de loi ouvre un droit à formation, même après la fin de la scolarité obligatoire à 16 ans.

Quelles sont les autres réformes ?

Elles sont importantes, certes, mais davantage liées à l’adaptation du système éducatif à l’époque actuelle.

La loi affiche sa volonté de créer un véritable enseignement au numérique, à la morale républicaine, à une langue étrangère dès le CP

Il crée un Conseil national d’évaluation du système éducatif et un Conseil supérieur des programmes.

Le projet risque-t-il d’être discuté ?

Les députés ont déposé 1 600 amendements. Les élus UMP, Benoist Apparu en tête, considèrent que ce projet est « d’une grande pauvreté ». Selon lui, « il aurait fallu donner des objectifs : rappeler que, d’ici dix ans, 100 % des jeunes doivent maîtriser le socle commun de connaissances, que 100 % des jeunes doivent sortir du système diplômés, avec au moins un baccalauréat professionnel, 65 % avec au moins un diplôme bac + 2 et 50 % avec au moins une licence. Malheureusement, cette loi d’orientation ne réduira ni les inégalités scolaires ni le nombre d’élèves en grande difficulté ».

De l’autre côté de l’Assemblée nationale, la députée communiste Marie-George Buffet considère que ce projet « pose des premières pierres » mais « n’est pas à la hauteur ».